Résumés Esprit 7/2005

MARIUS SCHATTNER
Le Grand Israël : mutations d’un mirage

Annoncé pour le 15 août, le retrait israélien de la bande de Gaza n’est pas qu’un problème de sécurité militaire ou un arbitrage politique décidé par Ariel Sharon. Il met en jeu la question du territoire, dont la signification est centrale dans l’histoire du sionisme mais aussi dans la théologie du judaïsme.

JACQUES DONZELOT
L’invention du sous-emploi (Entretien avec ROBERT CASTEL)

La persistance d’un chômage massif s’accompagne d’un effritement de la condition salariale. L’emploi classique protecteur se désagrège et l’on voit apparaître, en guise de résultat des politiques de traitement social du chômage, une situation intermédiaire, le sous-emploi, qui n’est ni le chômage ni le salariat protégé.

MARC-OLIVIER PADIS
La France insulaire

En se disant résolu à défendre le ” modèle social français “, le président de la République a voulu signifier qu’il tenait compte du rejet du projet de traité constitutionnel européen. Mais que recouvre cette formule, alors que le compromis social français, qui relève d’une sorte de ” substitut de social-démocratie “, reste mal défini et mouvant ?

JEAN-CLAUDE BARBIER
Apprendre du Danemark ? Réflexions sur le ” miracle ” danois

Alors qu’on croit pouvoir importer des formules alliant flexibilité et sécurité de la politique de l’emploi danoise, cette étude précise montre que celle-ci n’est possible que du fait d’un système politique et social dont plusieurs assises nous font défaut.

OLIVIER MONGIN
Le poids de la démocratie d’opinion. Désaveu de la réforme et fragilités du langage politique

Ceux qui en appellent à un retour du politique devraient s’interroger sur notre aptitude à délibérer et à discuter. Du fait de la démocratie d’opinion et d’une exacerbation politicienne qui favorise les jeux individuels et le rejet automatique des perspectives réformistes, les mots politiques sont aujourd’hui dévalués. Or, la politique passe par un langage qui est certes ” rhétorique ” mais ne peut se confondre ni avec les opinions individuelles (” je crois que “), ni avec le discours savant de l’expertise.

ZYGMUNT BAUMAN
Les usages de la peur dans la mondialisation (Entretien)

Loin d’uniformiser la planète, la mondialisation provoque un morcellement des espaces et une montée de la peur. Comment, dans ces conditions, penser une mondialisation positive qui ne signifierait pas l’abandon de la politique sociale, pensée jusqu’ici dans le cadre de l’État-nation ?

MICHAËL FŒSSEL
De l’homme coupable à l’homme capable

Trop longtemps considéré seulement comme un grand professeur croisant les traditions, les disciplines et les cultures, Ricœur a progressivement élaboré une œuvre de pensée majeure dont Soi-même comme un autre est la vigoureuse exposition. La reconnaissance du penseur ne doit pas faire oublier la présence de Ricœur auprès de plusieurs générations mais aussi dans des espaces fort divers, à commencer par celui des revues dont Esprit.

PAUL RICŒUR
Le scandale du mal

Dès ses premières réflexions portant sur le volontaire et l’involontaire, Ricœur aborde frontalement l’énigme du mal. Si celle-ci croise la tradition biblique et la philosophie, elle ne conduit pas la pensée à souscrire à une théodicée mais à élaborer une pensée de l’agir. Pour Ricœur, l’être est acte plutôt que substance car il engage à l’action pour répliquer au mal.

JEAN GREISCH
L’inachèvement comme accomplissement

Prononcé à l’occasion de la cérémonie qui s’est tenue au temple de l’Oratoire à Paris après la mort de Paul Ricœur, ce commentaire revient sur les dernières lignes de la Mémoire, l’Histoire, l’Oubli dont le dernier mot est ” Inachèvement “.

PAUL RICŒUR
Devenir capable, être reconnu

Lu sur vidéocassette à l’occasion de la remise du prix Kluge aux États-Unis, ce texte est l’un des derniers que Paul Ricœur a pu rédiger. Il y privilégie la notion de capacité qu’il fait progresser, comme à son habitude, sur le plan conceptuel avant de l’articuler à celle de reconnaissance.

PHILIPPE DE LARA
L’autonomie comme apprentissage

Publié l’année dernière, le Complément de sujet est une enquête sur la question philosophique du sujet, qui donna lieu à une querelle notamment au cours de la période structuraliste. Aujourd’hui, c’est aussi avec la sociologie qu’est menée la discussion autour de l’idée parfois contradictoire d’autonomie du sujet.

VINCENT DESCOMBES
Un itinéraire philosophique (Entretien)

En retraçant son parcours, le philosophe explique ce qu’il doit à l’influence américaine mais aussi à Cornelius Castoriadis, pour sa réflexion politique, et à l’anthropologue Louis Dumont, qui l’ont entraîné dans des questions atypiques au sein de la philosophie française.

FRANÇOISE GAILLARD
Proust et la recherche de la vérité

Pour Vincent Descombes, le projet de Proust dans À la recherche du temps perdu n’est pas l’œuvre d’art en soi mais bien l’élucidation de la vérité à travers nos discours et nos actions. Comment le roman met-il en représentation la quête philosophique du vrai ?

BRUNO KARSENTI
Du sujet en philosophie sociale

Peut-on ” agir de soi-même ” ? Nos actions au sein de la société ou dans le domaine politique ont-elles une configuration spécifique qui limiterait notre autonomie ? Comment comprendre alors la philosophie politique de Descombes ?

IRÈNE THÉRY
L’esprit des institutions

Qu’apporte l’enquête philosophique de Descombes au sociologue ? Elle invite à ne pas penser naïvement l’individu contre la société et à reprendre l’observation des relations qui unissent les personnes au sein de la société.

ALAIN EHRENBERG
Agir de soi-même

Si la sociologie a pris la mesure du phénomène individualiste, elle risque cependant d’appauvrir sa conception de la société en la réduisant à un simple lieu de rencontre ou de croisement des subjectivités, au risque de perdre ainsi les moyens à la fois de penser le sujet et la société.

PHILIPPE URFALINO
Holisme et individualisme : la clarification d’une querelle

L’enquête philosophique de Descombes permet un retour critique sur l’histoire récente de la sociologie française et sa manière contemporaine d’appauvrir la question de l’autonomie, qu’un fondateur comme Marcel Mauss avait pourtant mieux posée.

Published 7 July 2005
Original in French

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