Résumés Esprit 2/2005

Entretien avec ALEXIS KELLER
Israël-Palestine : vers quelle paix juste ?

Promoteur de l’initiative de Genève qui a donné le jour à un plan de paix non officiel entre Israéliens et Palestiniens, Alexis Keller revient ici sur le sens de son initiative, le déroulement de la négociation et la méthode qu’il préconise pour essayer encore de surmonter les obstacles d’une paix juste et durable.

JEAN-CHRISTOPHE ATTIAS
Comment nous ne sommes plus juifs

Les juifs de la diaspora n’ont pas pour vocation de constituer un réservoir d’immigrants potentiels pour Israël, pas plus qu’ils n’ont à se faire le relais de la politique de l’État hébreux. En revanche, il est urgent qu’ils se soucient de maintenir une culture exigeante et vivante, celle du judaïsme diasporique.

OLIVIER ROY
La crise de l’État laïque et les nouvelles formes de religiosité

Façonnée dans un face-à-face opposant l’Église catholique à l’État républicain, la laïcité française se trouve déstabilisée par l’émergence d’expressions et d’identités religieuses non traditionnelles et non hiérarchiques. Comment organiser la vie publique de religions sans clergés et sans représentants ?

MARIE MENDRAS
La Russie et l’Ukraine : l’écart démocratique

Si Vladimir Poutine a cru qu’il avait carte blanche en Ukraine, c’est en partie du fait de la dérive autoritaire du régime et de sa surdité croissante à l’aspiration démocratique. Mais aussi parce qu’il s’est accoutumé à une diplomatie européenne trop complaisante. Une leçon à retenir pour les chancelleries occidentales.

GRYGORIY NEMYRIA
L’Ukraine et l’Europe : l’histoire reprend

La victoire électorale du candidat de l’opposition en Ukraine n’a pas seulement permis un renouvellement d’une équipe au pouvoir. C’est à une véritable transformation du pays qu’on a assisté. Incertaine de son orientation depuis l’indépendance, l’Ukraine peut désormais tracer sa voie entre l’ensemble européen et le voisin russe.

BERNARD PERRET & SYLVIE TROSA
Vers une nouvelle gouvernance publique ? La nouvelle loi budgétaire, la culture administrative et les pratiques décisionnelles

Å partir de cette année, le vote de la loi de finances au Parlement connaît une évolution importante avec le passage à la gestion par programme. Les bénéfices escomptés ne seront au rendez-vous que si l’on dépasse la vision technique de cette réforme. La comparaison avec les mesures analogues dans d’autres pays montre que c’est la culture administrative qui est appelée à évoluer simultanément.

AMARTYA SEN
Les apprentissages mutuels de la Chine et de l’Inde

Les échanges culturels entre la Chine et l’Inde sont nombreux depuis 2 000 ans : commerce, sciences, religion. Pourtant, ils sont presque oubliés aujourd’hui, alors que ces deux pays ont encore à apprendre l’un de l’autre, en particulier dans le domaine de la santé publique ou pour la constitution d’un espace public démocratique.

SUNIL KHILNANI
Portrait politique de Nehru. L’idée libérale en Inde

Ce portrait du leader indien répond à l’idée que l’usage de la raison serait un travers moderne et occidental que les pensées postmodernes ou le retour à la religion seraient appelés à remplacer. À travers son action politique comme dans sa réflexion personnelle, Nehru rappelle qu’un usage de la raison demeure indispensable pour fonder nos projets moraux, dans la vie publique comme dans la vie privée.

BERNARD STEVENS
Un regard japonais sur la modernité. La pensée politique de Maruyama

En s’inspirant de l’Occident pour se moderniser à marche forcée, le Japon a provoqué en réaction un courant de pensée nationale pour lequel il serait meilleur de ” dépasser la modernité “. Pourtant, certains penseurs, comme Maruyama présenté ici, ne voient pas la modernité comme un produit d’importation mais comme un potentiel de la tradition japonaise.

ALAIN SUPIOT
Lier l’humanité : du bon usage des droits de l’homme

Il est de bon ton de s’en prendre à la religion des droits de l’homme et d’en dénoncer le ressort strictement individualiste. Prenant acte que les droits de l’homme renvoient à des valeurs universelles, Alain Supiot se penche sur les diverses versions du fondamentalisme occidental des droits de l’homme (messianisme, communautarismes, scientisme) afin d’imaginer ” un bon usage des droits de l’homme ” tant dans les sociétés occidentales que dans les sociétés non occidentales, ces dernières n’ayant pas besoin de refaire le parcours historique de l’Occident pour découvrir l’universalité de ces droits.

OLIVIER MONGIN
Le droit, la religion, l’État. à propos de Homo juridicus d’Alain Supiot

Homo juridicus d’Alain Supiot ne se focalise pas sur l’alternative brutale du droit et de la politique mais éclaire la fonction anthropologique du droit. Après avoir éclairci la notion de dogmatique, ce qui renvoie aux croyances indiscutables sur lesquelles repose toute société, il se demande ce qu’il en advient quand la religion puis l’État n’en sont plus le support. Voyant dans le droit une technique destinée à ” civiliser ” d’autres techniques,
Homo juridicus souligne que le ” tout contractuel ” est une fiction dangereuse puisqu’il y a toujours une articulation du contrat et de la loi, de l’égalité et de la hiérarchie.

Published 26 February 2005
Original in French

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