Renaud Maes

Le plagiat étudiant serait-il un fléau de l’époque? Au regard de l’importance que le sujet a prise dans les médias, le diagnostic s’impose. À y regarder de plus près, il convient de le nuancer. Les logiciels servent en réalité de filtre social puisqu’ils ne détectent que les plagiaires les plus maladroits, ceux qui ne peuvent s’offrir un “nègre académique”. Au-delà, quel est le sens du plagiat ? Un survol historique montre que toutes les époques n’ont pas considéré la copie de la même manière. Le recours au plagiat n’est peut-être pas étonnant dès lors qu’à l’université le plaisir d’apprendre est délaissé au profit du prestige d’accéder à une position. Plus fondamentalement, la répression du plagiat protège le marché de la production intellectuelle et témoigne d’une mutation du métier de professeur. Surchargés, les enseignants ne peuvent plus assurer un véritable encadrement des étudiants, seul remède possible au plagiat. La ruine de l’université n’est-elle pas le véritable mal ?

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