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Les Deux Printemps de 1968


Quarante ans après, l'évocation des " riches heures " des Printemps de Paris et de Prague, sans oublier Varsovie ou Berlin, offre à travers les colloques, débats et publications un contraste saisissant entre l'Est et l'Ouest, pour garder la terminologie de l'époque. A Paris, les commémorations du " psychodrame " (Stanley Hoffmann) de mai 1968 mélangent l'auto-satisfecit d'une génération au désir de la suivante de s'approprier l'héritage de mai avec d'autant plus de ferveur qu'il fut dénoncé par un nouveau président de la République, même si ce dernier fut décrit par Daniel Cohn-Bendit comme un soixante-huitard qui s'ignore (de mai 1968 il n'aurait gardé que le célèbre " jouir sans entrave ")... A Prague, on est moins enclin à commémorer une défaite douloureuse et un Alexandre Dubcek, certes émouvant, mais symbole non seulement d'un espoir déçu, mais aussi d'une capitulation qui annonçait vingt ans de 'normalisation'. Longtemps occulté, rejeté de la mémoire collective, le débat sur 1968 commence cependant à Prague avec le republication après quarante ans dans Literarni Noviny de deux textes de référence écrits à chaud juste après l'occupation des " pays frères "[1] : l'un de Milan Kundera et l'autre de Vaclav Havel. Le premier disait en substance : malgré sa défaite, le Printemps de Prague garde une portée universelle comme première tentative, entre les modèles en vigueur à l'Est et à l'Ouest, de concilier le socialisme et la démocratie. Havel répondait que les grandes conquêtes du Printemps de Prague (abolition de la censure, rétablissement des libertés individuelles et collectives) ne faisaient que rétablir ce qui avait existé trente ans plus tôt en Tchécoslovaquie et restait le fondement de la plupart des pays démocratiques. En ce sens 1989 fut un anti-1968 : pas de réforme dans le socialisme, recoller au plus à l'Occident en l'imitant fidèlement. Vingt ans plus tard on relit le débat différemment : dans le contexte d'une mondialisation économique dont on découvre les effets pervers et d'une crise prématurée de la représentation démocratique on peut trouver une actualité nouvelle aux questions sur la démocratie, le marché et la " troisième voie " que proposait le printemps tchécoslovaque de 1968.

Le Printemps de Prague, dans cette perspective, dépasse l'histoire du système communiste en Europe de l'Est pour retrouver une dimension transeuropéenne. Celle-ci fut parfois associée aux révoltes de la jeunesse qui émaillèrent l'année 1968 aux quatre coins du monde. Le Printemps de Prague, comme mai 1968, incarneraient des soulèvements qui, dans des contextes politiques certes différents, affirmeraient une remise en question du statu quo imposé par la guerre froide et une quête de modèles de société alternatifs.

Les parallèles étaient largement imputables à la simultanéité des " événements " de 1968. Le fait que leurs force motrice furent les intellectuels et une génération estudiantine qui de Prague à Paris (mais aussi à Berlin, à Berkeley ou à Varsovie) arborait la même tenue vestimentaire, écoutait la même musique et exprimait la même défiance envers les institutions du pouvoir en place, renvoie à un " conflit de générations " dans un moment " d'excitation globale " et de " fraternité incohérente "[2] pour reprendre les formules de Paul Berman qui puise là l'origine d'une convergence ultérieure entre les dissidents de l'Est et la gauche antitotalitaire à l'Ouest.

L'autre parallèle est celui de l'unité dans la défaite. Les utopies " soixante-huitardes ", certes différentes, mais cherchant à remettre en cause un ordre interne et international hérité de la Seconde Guerre mondiale. D'où les contorsions idéologiques aussi bien intentionnées qu'éloignées des réalités (Prague, " la révolution des conseils ouvriers ")[3] qui sont autant de réactions au " rétablissement de l'ordre " (Milan Simecka)[4] et à la division de l'Europe.

Pourtant simultanéité n'est pas similitude. Il suffit pour s'en convaincre de mentionner quelques contrastes entre les deux Printemps qui ont leurs prolongements au delà de 1989. Pierre Grémion, dans son livre sur les perceptions du Printemps de Prague par la gauche française, avait étudié le sujet sous l'angle du discours et des références idéologiques.[5] On peut en reprendre le thème central en accentuant le décalage idéologique et en y ajoutant le contraste saisissant de l'itinéraire des " soixante-huitards ". Les Français sont depuis trois décennies environ au sommet de leur influence dans l'establishment culturel et médiatique alors que leurs homologues tchèques appartiennent à la génération sacrifiée qui n'a redécouvert la liberté qu'en 1989 et la possibilité de renouer avec une histoire interrompue qu'autour de la cinquantaine, alors qu'il n'est plus très aisé de se réorienter personnellement et professionnellement face à la nouvelle génération avec ses ambitions, sa capacité d'adaptation et surtout son mépris pour les illusions du Printemps. La première différence est d'ordre politique ou " idéologique " : la " société de consommation " contestée par le mouvement parisien n'avait rien de péjoratif pour ceux qui aspiraient à sortir de vingt années de pénurie socialiste. Les libertés dites " bourgeoises " et les élections qui n'étaient qu'un " piège " qu'il fallait dénoncer et devaient être dépassé par la démocratie directe n'étaient nullement méprisables pour ceux qui, émergeant du totalitarisme, cherchaient à rétablir les droits civiques et les libertés élémentaires d'expression et d'association comme préalable à la recomposition d'un ordre politique. Le marché et le capitalisme étaient rejetés par le gauchisme français alors qu'Ota Sik à Prague proposait une " troisième voie " entre l'étatisme socialiste oriental et le capitalisme occidental. Tenter de surmonter ce clivage idéologique et économique n'était qu'une autre façon de dépasser la division de l'Europe. Le " retour en Europe ", le slogan de la " révolution de velours " de 1989, était déjà présent dans les aspirations tchécoslovaques de 1968. Le philosophe Ivan Svitak, l'un des enfants terribles du Printemps de Prague, l'avait formulé ainsi : " A la question d'où, avec qui et où allons nous, on peut répondre de manière concise : de l'Asie vers l'Europe, seuls. "[6] Or les mots " Europe " ou " Occident " avaient aux yeux des gauchistes parisiens un parfum de colonialisme ou de " marché commun ". Leur horizon international était résolument tourné vers le Tiers Monde avec des références allant du Viêt Nam (Ho) à Cuba (Che) en passant par la révolution culturelle chinoise (Mao).

La force motrice du Printemps de Prague était l'aspiration à la liberté alors qu'à Paris le moment libertaire s'inclinait devant le mythe de la révolution. Milan Kundera souligne à juste titre cette dimension :

Le mai parisien fut une explosion de lyrisme révolutionnaire. Le Printemps de Prague, c'était l 'explosion du scepticisme post-révolutionnaire. C'est pour cela que l'étudiant parisien regardait vers Prague avec méfiance (ou plutôt avec indifférence) et que le pragois n'avait qu'un sourire pour les illusions parisiennes qu'il considérait (à tort ou à raison) comme discréditées, comiques ou dangereuses (...) Le mai parisien était radical. Ce qui pendant de longues années avait préparé l'explosion du Printemps de Prague, c'était une révolte populaire des modérés...le radicalisme en tant que tel suscitait l'allergie, car il était lié, dans le subconscient de la plupart des Tchèques, à leurs pires souvenirs.[7]

Le lyrisme révolutionnaire et le vocabulaire de mai 68 rappelaient à Kundera l'avènement du régime socialiste en 1948 et le destin du poète Jaromil, héro de son roman La Vie est ailleurs, alors que les soixante-huitards tchèques étaient plus près de l'ironie et du scepticisme du personnage principal d'un autre roman de Kundera, paru à Prague en 1968, La plaisanterie. D'où un décalage entre l'esprit d'une révolte juvénile à Paris et la maturité adulte à Prague. Et Kundera d'ajouter :

Le mai parisien mettait en cause ce qu'on appelle la culture européenne et ses valeurs traditionnelles. Le Printemps de Prague c'était une défense passionnée de la tradition culturelle européenne dans le sens le plus large et le plus tolérant du terme (défense autant du christianisme que de l'art moderne, tous deux pareillement niés par le pouvoir). Nous avons tous lutté pour avoir droit à cette tradition menacée par le messianisme anti-occidental du totalitarisme russe.

La désuétude du langage politique employé à Paris ne facilitait pas la communication entre les deux capitales. Bien que, dans les deux cas, on se référait à un socialisme en rupture avec le modèle soviétique, la vulgate marxiste du gauchisme occidental rappelait trop celle du pouvoir en place en Europe de l'Est. La visite à Prague, en avril 1968, de Rudi Dutschke, figure de proue du mouvement étudiant berlinois, dans le cadre du dialogue entre chrétiens et marxistes organisé par le philosophe Milan Machovec en fut l'illustration. Le jeune historien Milan Hauner en fit alors le compte-rendu suivant :

Dutschke dispose d'un vocabulaire politico-économique pensé et raffiné. Sans s'arrêter il déverse sur son auditoire une canonnade de termes tels que : production, reproduction, manipulation, répression, transformation, obstruction, circulation, intégration, contrerévolution... qu'il élabore systématiquement et avec application.[8]

Quelles sont alors les raisons du manque de succès du leader de la contestation berlinoise auprès des étudiants tchèques ? :

Rudi est incontestablement un orateur hors-pair, son discours avait une plan logique clair, mais c'est précisément cette rationalité érigée en utopie qui donnait une impression angoissante. Dans son discours parfaitement déployé il n'y avait pas de place pour une plaisanterie ou une faiblesse humaine; sans cette rationalité critique on dirait spontanément un démagogue millénariste et en plus un Allemand, en somme du déjà vu. Mais ce serait injuste car il est incroyablement sincère. "

C'est dix ans plus tard, quelques jours avant sa mort, que Rudi Dutschke est revenu sur la cécité du gauchisme occidental face au renouveau tchèque et pour qui " l'impérialisme " ne pouvait être qu'américain : " Je n'ai pas grand chose à dire sur mai 68 en France ; d'abord parce que je me trouvais à l'hôpital, mais surtout parce que rétrospectivement l'événement important de 1968 ce n'était pas Paris mais Prague. Nous étions alors incapables de le voir " .[9]

Alors que la " nouvelle gauche " occidentale voulait revigorer le marxisme en le débarrassant de ses scories staliniennes, les Tchèques s'efforçaient au contraire de le diluer au maximum. Le " socialisme à visage humain " pouvait s'accommoder des grands courants de pensée en vogue dans les années soixante : de la psychanalyse au structuralisme, du christianisme progressiste au " nouveau roman ", de la " révolution scientifique et technique " et de la " théorie de la convergence " de Radovan Richta[10] à la redéfinition de l'identité européenne. Le mai parisien voulait mettre la culture et l'Université au service d'un projet politique. Les années soixante tchèques représentaient, au contraire, un processus d'émancipation (provisoire) de la culture par rapport au carcan des structures politiques en place et furent le prélude des bouleversements de 1968. Cette prise de distance de la culture par rapport à l'idéologie du pouvoir avait précisément une portée éminemment politique. La crise politique du régime ne commence pas avec l'élection de Dubcek à la tête du parti le 5 janvier 1968, mais avec les discours de rupture prononcés au Congrès des écrivains en juin 1967 par Ludvik Vaculik, Milan Kundera ou Antonin Liehm. Le journal emblématique de mai 1968 c'était " Action " alors que celui du Printemps tchécoslovaque était Literarni noviny, le journal de l'Union des écrivains qui vendait un quart de million d'exemplaires dans un pays de quinze millions d'habitants. Les années soixante resteront un " âge d'or " de le culture tchèque qu'il s'agisse de la littérature (Josef Skvorecky, Ludvik Vaculik, Milan Kundera, Ivan Klima), du théâtre (Vaclav Havel, Pavel Kohout, Otomar Krejca) sans oublier la " nouvelle vague " du cinéma tchèque (Milos Forman, Ivan Passer, Jaromil Jires, Vera Chytilova, Jan Nemec, Jiri Menzel)[11] qui offre un autre parallèle ou contraste avec celle qui s'imposait alors en France. Cette extraordinaire richesse de la vie culturelle profitait ou fut rendue possible par des circonstances exceptionnelles où la création s'émancipait par rapport aux contraintes de la censure sans succomber à celles du marché. Cette richesse contraste singulièrement avec la relative stérilité culturelle (à Prague comme à Paris) des deux décennies de l'après-1989.

Cet héritage culturel associé à 1968 connut un destin différent au lendemain de la défaite des deux Printemps : il fut systématiquement détruit à Prague par le régime de la " normalisation " et ses représentants principaux pourchassés, interdits ou contraints à l'exil. Au contraire, en France, et plus généralement en Occident, cet héritage trouva ses prolongements bien au delà de l'échec de l'utopie radicale de mai : l'écologie politique, le féminisme, le multiculturalisme, mais aussi la remise en cause du modèle traditionnel de la famille ou la nouvelle pédagogie anti-autoritaire dans l'enseignement secondaires sont autant d'indices de l'influence durable de cet héritage à travers une génération qui a fini par investir les principales institutions culturelles et médiatiques du pays. Les soixante-huitards tchèques sont une génération perdue. Lorsque le changement arriva, vingt ans après, ils étaient à la recherche d'un second souffle improbable. Leurs homologues français ont su convertir l'échec politique de mai 1968 en victoire culturelle dont les labels " bobo " (bourgeois-bohême) et " lib/lib " (libéral/ libertaire) ne sont qu'un raccourci désignant les mutations d'une génération autosatisfaite de " l'hégémonie " (au sens gramscien !) qu'elle a réussi à exercer sur les élites culturelles et politiques françaises.

Au delà des malentendus c'est aussi de la postérité différente des mouvements de 1968 qu'il s'agit. Celle du Printemps de Prague c'est d'abord l'échec de la réforme à l'intérieur du régime communiste qui a discrédité définitivement la perspective " révisionniste " dubcekienne à l'Est, tout en inspirant l'Eurocommunisme à l'Ouest (auquel tenta tardivement d'accrocher son wagon le PCF en quête de crédibilité pour son adhésion au "Programme commun " qui sera la référence des partis de gauche pendant les années soixante-dix).

Ce qui reste de l'échec de 1968 à Prague, c'est " la mort clinique du marxisme en Europe " (Kolakowski) et la perestroïka de Gorbatchev, arrivée vingt ans trop tard. Il reste aussi cet autre Printemps 1968, celui du renouveau de la société civile et de la " citoyenneté retrouvée " évoqués par Vaclav Havel.[12] Ivan Svitak résumait ainsi " l'autre " programme de 1968 : " De la dictature totalitaire vers la société ouverte, la liquidation du monopole du pouvoir, le contrôle effectif de l'élite du pouvoir par une presse libre et une opinion publique. De la gestion bureaucratique de la société et de la culture par les 'coupe-gorges de la ligne officielle' (terme de C. Wright Mills) vers l'application des droits de l'homme fondamentaux ".[13] C'est cet héritage là, dépassant le cadre du marxisme officiel, qui trouva son prolongement une décennie plus tard dans la dissidence.

C'est dans un contexte politique et intellectuel nouveau de l'après-1968 que la dissidence centre-européenne ( tchèque en particulier) en plaçant au centre de sa démarche les droits de l'Homme, la société civile et la culture européenne eut un impact non négligeable sur la gauche antitotalitaire en France. Celle-ci découvrait que, rétrospectivement, mai 68 avait aussi une composante anti-communiste dans la mesure où le mouvement gauchiste contestait la stratégie du PCF, fidèle avant tout au souci moscovite de préserver " l'ordre " c'est à dire la division de l'Europe. Les " nouveaux philosophes " post-soixante-huitards s'interrogeant sur les origines des totalitarismes du XXe siècle, du Goulag et de la " barbarie à visage humain " (B-H. Lévy) remontèrent les filiations intellectuelles et politiques du bolchévisme russo-soviétique aux " maîtres penseurs " allemands (A. Glucksmann) jusqu'aux Lumières, retrouvant en chemin certaines des préoccupations des penseurs de la dissidence tchèque à commencer par Jan Patocka et Vaclav Havel. D'autres, comme Alain Finkielkraut et Danièle Sallenave (dans le Messager européen), furent sensibles dans les années quatre-vingt à la redécouverte de l'Europe Centrale comme " occident kidnappé " (Kundera) pour repenser l'Europe comme culture et civilisation et pas seulement un " marché commun ". Ainsi, l'anti-totalitarisme, les droits de l'Homme, la redécouverte de la société civile et de l'idée européenne ont favorisé les retrouvailles tardives d'anciens soixante-huitards de Paris et de Prague. Paradoxalement celles-ci n'ont pas survécu à l'écroulement du bloc communiste et à l'élargissement de l'Union européenne. Précisément parce que ce fut un " élargissement " de l'UE plutôt qu'une réunification de l'Europe.

 

  • [1] Milan Kundera, " Cesky udel " (le destin tchèque) Vaclav Havel, " Cesky udel ? " in Literarni Noviny (52/1) 27.12.2007 . Depuis la publication de ces textes de 1968 une douzaine de contributions furent publiées par l'hebdomadaire. Son rédacteur en chef, Jakub Patocka, se demande dans son introduction quand le débat tchèque arrivera-t-il là où il fut il y a quarante ans ?
  • [2] Paul Berman, " Les révoltes de 1968. Une fraternité incohérente " in F. Fejtö et J. Rupnik (dir.) Le Printemps tchécoslovaque 1968, Bruxelles, Complexe, 1999, p 267 ; cf aussi son livre consacré à l'héritage intellectuel et politique de 1968 de Paul Berman, The Tale of Two Utopias. The Political Journey of the Generation of 1968, New York, Norton, 1996.
  • [3] Cf. le chapitre introductif de J-P. Faye à Prague, la révolution des Conseils ouvriers, Paris, Seghers/Laffont, 1977, p 8-56 (le recueil de documents établis par V-C. Fisera fournit des éléments importants pour comprendre la dynamique du Printemps tchèque qui a connu sa dimension plus radicale à travers le mouvement des conseils, après l'invasion soviétique).
  • [4] Milan Simecka, Le rétablissement de l'ordre, Paris, La Découverte, 1979.
  • [5] Piere Grémion, Paris/Prague, La gauche face au renouveau et à la régression tchécoslovaques, 1968-1978, Paris, Julliard, 1985.
  • [6] In Student (Prague) 10. avril 1968.
  • [7] Milan Kundera, préface au roman de Josef Skvorecky, Miracle en Bohême, Paris, Gallimard, 1978, p 4.
  • [8] Milan Hauner in Student (Prague), 24. avril 1968.
  • [9] Interrogé à Francfort quelques jours avant sa mort en avril 1978 sur l'héritage de 1968 Rudi Dutschke insistait que l'important ce ne fut pas le Mai parisien, mais ce qui se passait à Prague et que ce fut l'erreur majeure des mouvements de contestation de ne pas le comprendre. Entretien avec J.Rupnik réalisé en mai 1978 et publié dans un dossier sur le " bilan 1968-88 " par L'Autre Europe n 20 (1989) p 115-117.
  • [10] Cf Radovan Richta, La Civilisation au Carrefour, Paris, 1969.
  • [11] Antonin Liehm, Closely Watched Films, the Czechoslovak experience, White Plains, N.Y., International Arts and Sciences Press, 1974.
  • [12] Vaclav Havel, " La citoyenneté retrouvée ", introduction à F.Fejtö et J.Rupnik (dir.) Le Printemps tchécoslovaque 1968, op cit. p 11-13.
  • [13] Student 10 avril 1968.


Published 2008-05-16


Original in French
First published in Transit 35 (2008)

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