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Une histoire à transmettre

Entretien avec Lilian Thuram


Esprit: Comment avez-vous découvert l'histoire des Antilles ? Parlait-on de l'esclavage dans votre famille ?

Lilian Thuram: On n'en parlait pas, ni chez moi, ni à l'école. Quand je suis parti des Antilles et que je suis arrivé dans l'Hexagone, j'ai découvert toutes les connotations négatives attachées au fait d'être noir. Ainsi, à l'école, on ne parle des " Noirs " pour la première fois qu'à propos de la traite négrière et de l'esclavage. L'Afrique a pourtant une histoire avant le début du commerce triangulaire... J'ai progressivement compris à quel point l'" idée de races " avait marqué l'histoire française et européenne.

Pour comprendre aujourd'hui les tensions de la société française, les incompréhensions, le racisme, les discriminations, il faut tenir compte du poids du passé, de cet héritage de préjugés et de théories raciales.

Je suis antillais, et donc évidemment très sensible à l'histoire de l'esclavage. J'essaie de m'informer sur ce sujet. Bizarrement, dans l'Hexagone, on fait souvent comme si l'esclavage ne concernait que les Antillais, ou les " Noirs ". Et que ce n'est pas l'histoire de France.

Cultural diversity


While decades of migration have meant that multiculturalism has long been a de facto element of western European society, multiculturalism as social policy has been heavily challenged. Read articles on the debate here. [ more ]
Mais si nous ne reconnaissons pas l'histoire de France, nous ne pouvons pas comprendre ce qui se passe aujourd'hui. La classification des races établie par Gobineau par exemple date du milieu du XIXe siècle : ce n'est pas si loin, c'est même encore très proche de nous. Dans son Essai sur l'inégalité des races humaines, les " Noirs " sont considérés comme inférieurs. Qu'on s'en souvienne ou non, cette idée de l'infériorité – dont il n'est pas le seul théoricien en Europe – a marqué la société française et continue de favoriser les attitudes discriminatoires. Les jeunes antillais, dont les familles sont françaises depuis toujours, n'en reviennent pas d'être traités ainsi dans leur propre pays. La France hexagonale a pu croire que la page était tournée, que c'était de l'histoire ancienne.

Esprit: Mais aux Antilles, l'héritage de l'esclavage est terriblement présent. C'est une présence inconsciente. C'est ce que Patrick Chamoiseau appelle la " mémoire obscure ".

LT: Il faut développer l'instruction pour pouvoir comprendre ce qui est inconscient. Mais cela suppose d'accepter une vision plus complexe de l'histoire de France : Napoléon, c'est aussi celui qui rétablit l'esclavage dans les colonies. La " grandeur " de la France a aussi un autre versant : la colonisation, la traite, l'esclavage.

Mais je suis persuadé que la majorité des gens sont de bonne volonté à condition qu'on leur explique les choses.

Esprit: Un changement du discours officiel, des programmes scolaires, cela vous semble important ?

LT: C'est fondamental parce que ça passe par l'autorité. Il faut que ces discours nous sortent de la logique de hiérarchie des races dont nous avons hérité et qui transparaît encore aujourd'hui, même si c'est souvent de manière inconsciente. Par exemple, il ne faut pas se cacher derrière le mot " discrimination ". Pour moi, la discrimination – dans l'emploi, dans le logement – c'est un comportement raciste, c'est tout. Si l'on s'indigne qu'avant Rosa Parks les Noirs aux États-Unis ne pouvaient pas aller à l'avant du bus, on devrait s'indigner aujourd'hui qu'une personne ait plus de mal à trouver un travail ou un logement parce qu'elle est " noire ". La société ne devrait pas accepter cela.

L'ignorance y est sans doute pour beaucoup. Certaines personnes ne se rendent pas compte de l'importance des discriminations : elles ne les ont pas vécues elles-mêmes ou bien on ne leur en a pas parlé. Je comprends qu'il puisse y avoir ce décalage mais nous ne pouvons pas accepter d'en rester là. On me demande parfois pourquoi je parle de l'esclavage : " Cela fait tellement longtemps. " Non, justement : les préjugés esclavagistes persistent, même après quatre générations. Le père de mon arrière-grand-père est né esclave : dans une histoire familiale, cela reste très proche. À l'échelle de l'histoire humaine, c'était hier. On ne peut pas faire comme si l'injustice qu'ils ont vécue n'avait pas existé.

Esprit: Vous avez entendu parler de ce qu'on appelle " l'affaire Confiant ", du nom de l'écrivain martiniquais qui a fait un texte où il s'en est pris très violemment aux juifs. Comment ressentez-vous le fait que ce genre de propos sorte du milieu des gens qui se dressent contre le déni de l'esclavage, puisque Confiant est aussi militant pour la mémoire de l'esclavage ? Cela vous déstabilise-t-il ?

LT: Je dois avouer que cela ne me déstabilise pas. Malheureusement, quand on essaie de se faire entendre, et qu'on n'a pas l'habitude d'être entendu, on peut prendre parfois le mauvais chemin. On se dit qu'on parle trop de l'extermination des juifs alors qu'on ne parle pas assez de l'esclavage. C'est un chemin très court, et très dangereux. D'autres contestent d'ailleurs que l'esclavage est un crime contre l'humanité. L'esclavage et la Shoah font partie de l'histoire. Ce sont des faits indéniables et je ne comprends pas qu'on puisse nier la gravité de l'un ou de l'autre. Ce qui est grave, c'est que ces discours sont tenus par des hommes qui devraient éduquer la société. Cela nous emmène vers une confrontation et tire tout le monde vers le bas.

Pourquoi opposer les deux mémoires ? On a affaire au même discours : la supériorité d'une race par rapport à une autre, le fait de disposer des autres comme on veut. Dès qu'on met en doute l'humanité des autres et qu'on les considère comme des sous-hommes, on est dans la même logique.

Ne nous laissons pas entraîner vers une confrontation des cultures. La France a ici un rôle fondamental à jouer. La population française est très mélangée et si nous n'avons pas une réflexion intelligente pour créer une cohésion nationale autour de principes bien établis, on va se laisser entraîner vers une confrontation nous aussi. Si nous devons transmettre cette histoire, c'est pour mieux vivre ensemble.

Esprit: Est-ce dans ce cadre-là qu'il faut comprendre votre formule : " Je ne suis pas noir, je suis français " ?

LT: Je répondais à un homme politique qui critiquait le nombre de " Noirs " dans l'équipe nationale de football. Je lui rappelais simplement que le critère pour y être sélectionné, ce n'est pas d'être " blanc " ou " noir ", c'est d'être " français ", et que nous sommes français, même s'il avait l'air d'en douter. Un peintre que j'aime bien, Chéri Samba, a peint un tableau où il est inscrit : " Je suis peintre. Je n'ai jamais vu d'homme blanc, je n'ai jamais vu d'homme noir. "

Esprit: Mais ne croyez-vous pas que votre formule a un peu déstabilisé certains de vos " compatriotes " des Antilles, qui auraient préféré vous entendre dire : " Je suis guadeloupéen " ? Certains ne pouvaient-ils pas recevoir cette formule comme une façon pour vous de vous tenir à distance de votre identité guadeloupéenne au profit de votre identité française ?

LT: Je ne me pose pas ces questions d'identité. Être enfermé dans une identité, c'est se restreindre. L'identité est une bonne chose si c'est une force pour s'ouvrir aux autres.

Esprit: Certains vous répondront que quand on est traité de " nègre " il faut bien s'accrocher à quelque chose.

LT: Mais non, justement, en jouant ce jeu-là, on donne raison aux racistes. Je parle parfois des " Blancs " pour faire comprendre l'absurdité de tout ça. Pourquoi intégrer ces catégories, penser et parler avec les mots des racistes ?

Esprit: Vous avez écrit une préface pour le roman Banlieue noire, de Thomté Ryam, qui raconte l'histoire d'un jeune footballeur de banlieue qui rate une possibilité de s'en sortir avec le sport. " Ça aurait pu être ma propre histoire " écrivez-vous, et aussi : " Il n'y aura vraiment la 'République' que quand le plus grand dribbleur de sa rue pourra aussi devenir un jour ingénieur, ou chef d'entreprise, ou syndicaliste – et que ce sera normal pour tout le monde. " Vous utilisez le sport pour parler de tous ces problèmes, ce que peu de sportifs font. Comment, à partir du sport, à partir de l'équipe de France de football, on peut faire bouger tout cela ?

LT: Ce qui est intéressant dans le sport, c'est qu'il a toujours été en avance sur ce plan. L'intégration par le sport, ce n'est pas une nouveauté. Aux États-Unis, ce sont les athlètes noirs qu'on a reconnus en premier comme américains. En France aussi.

On est en train d'accoucher de quelque chose. Mais tout accouchement est douloureux. Et que va-t-on enfanter ? Les choses ne peuvent pas repartir en arrière, les gens étouffent. Avant, ceux qui subissaient la discrimination ne disaient rien parce qu'ils ne voyaient pas comment elle fonctionnait. Ils acceptaient ce qu'ils avaient, cela leur apparaissait comme une chance. Mais les jeunes qui sont nés en France se sentent pleinement français, ils veulent participer à tout. Va-t-on leur dire qu'ils ont tort de réclamer, qu'ils ne peuvent pas avoir les mêmes rêves, les mêmes espérances ? Ils revendiquent les mêmes droits.

Et je trouve que c'est une bonne chose pour la France. La discrimination, c'est laisser de côté des personnes qui peuvent apporter quelque chose. L'intelligence voudrait que tout le monde participe. Mais est-ce qu'on va avoir cette réflexion à temps ?

Ce qui se passe en France est fondamental pour l'Europe. Après les émeutes de l'an dernier, beaucoup ont dit en Europe : " Le modèle français d'intégration est fini, il ne faut donc pas faire comme eux. " Alors que nous sommes en avance. J'ai la chance de voyager, et je vois que la France a des années-lumière d'avance sur certains pays. C'est incroyable. C'est ce que j'ai ressenti en Italie et aujourd'hui en Espagne, par exemple.

Esprit: C'est le modèle français d'intégration que vous défendez ici ?

LT: Oui. Mes amis sont français avant tout, et d'ailleurs ils ne comprennent même pas les discours qui sont tenus à ce propos. Par exemple, pourquoi parler de " première, deuxième, troisième génération " ? Ils sont français. Pourquoi parler de minorité ? Les autres se voient-ils comme une majorité ?

Mais – pour en revenir à l'histoire – on a l'impression que, dans l'esprit de certaines personnes, la population française se serait figée à une époque lointaine. Alors que même dans le passé elle n'était pas figée. Cependant, ce n'est que depuis les années 1970 que des gens d'origines différentes vivent vraiment ensemble. Or, dans la France hexagonale, on a longtemps pensé que l'esclavage et la colonisation étaient justifiés par une " hiérarchie des races ". Toute la société, toute la culture a été imprégnée de ce discours. Et aujourd'hui on demande à tous ces gens-là de vivre ensemble, et de considérer que tout le monde est à la même hauteur. Mais on ne leur a pas appris à accepter ça, parce qu'on n'a jamais remis en cause les idées d'infériorité et de supériorité raciales. La population française elle-même n'était pas directement liée à la mise en ¦uvre de l'esclavage. Mais l'État a cautionné, organisé et tiré parti de la traite et de l'esclavage. L'esclavage, ce n'est pas seulement une histoire de couleur : c'est un système dans lequel certains avaient des intérêts et que l'Etat a encadré et favorisé.

Esprit: Cela ne complique-t-il pas les choses qu'une part de la traite ait été africaine et, qu'en d'autres termes, ce sont des Noirs qui ont vendu des Noirs ?

LT: C'est pour cela qu'il faut laisser de côté la couleur pour voir le système qui a été mis en place. Ce que je n'arrive pas à comprendre c'est pourquoi l'État, après si longtemps, n'arrive pas à traiter ce sujet sereinement.

Esprit: Peut-être parce que ce n'est pas qu'une ignorance. Ce n'est pas seulement parce que les gens ne savent pas, mais aussi parce qu'il y a des forces, des intérêts, qui sont en jeu.

LT: Une fois, j'ai appris qu'il y avait une vente aux enchères d'archives sur la traite des esclaves. J'ai voulu racheter ces documents, et je me suis rendu compte que des descendants des esclavagistes aux Antilles, des Békés, cherchent à acquérir ces archives pour les cacher ou les détruire. Il y a des gens qui savent très bien d'où vient leur fortune et qui ne veulent pas que cela s'apprenne.

C'est vraiment délicat, car très peu de gens dans la société savent vraiment ce qu'a été l'esclavage. Or, quand on oublie cette histoire, c'est finalement tout un combat qu'on oublie.

Aux Antilles, s'il y avait une réflexion pointue sur l'histoire de l'esclavage, sur le rôle de l'État, beaucoup de choses changeraient.

Esprit: Nous aimerions un peu resituer toutes les choses dont nous parlons par rapport à votre expérience personnelle, en particulier celle de footballeur professionnel. Dans le monde du football, il y a beaucoup de gens comme vous, avec un parcours, une histoire de vie comparable – pensons au côté très antillais, et, au-delà, très " black " et arabe de l'équipe de France. Parlez-vous avec eux de ce que nous discutons maintenant, précisément d'initiatives communes qui pourraient vous associer sur tel ou tel point, ou chacun décide-t-il de son côté ?

LT: Disons qu'il y a des réflexions qui vont dans le même sens parce qu'on a le même parcours et on a connu les mêmes difficultés, et surtout on connaît la réalité de la vie, quand même ! On n'est pas nés joueurs de foot ! Mais c'est aussi une question de sensibilité. Le sujet est délicat parce que, dès lors que vous êtes quelqu'un de public, il faut faire attention à ce que vous dites. Je dois avouer que je ne cherche pas à faire l'unanimité. J'interviens sur ce sujet parce que je pense que ça peut permettre à des gens de mieux se comprendre.

En tant que joueurs, nous avons cette faculté d'être écoutés par des jeunes, et de leur faire comprendre que parfois on ne se regarde pas comme on le devrait, par méconnaissance. On ne se rencontre pas, on n'apprend pas à se connaître et, finalement, on n'apprend pas à se respecter comme il faut.

Ce qui est bien dans le foot, en règle générale, c'est que nous rencontrons des gens de cultures différentes, qui ont tous des points de vue différents, des préjugés : on se rend compte qu'on doit être ouvert pour accepter l'autre. Nous apprenons ainsi à vivre ensemble, à nous connaître, à nous respecter.

Esprit: Le sport est aussi un langage. Vous avez dit dans un entretien que le football c'est " le langage du bonheur. " C'est un échange. Ça permet un contact entre les personnes, parce que c'est universel aussi.

LT: Le foot a cette faculté. Pendant un match – je vois ça chez les supporters aussi – les gens ont un autre état d'esprit. Bon, ça les endort aussi un peu le football...

Esprit: Le fait qu'il y ait un grand nombre d'Antillais dans l'équipe de France de football a-t-il un effet sur le fonctionnement de celle-ci ?

LT: Le fait que l'équipe de France aille jouer un match amical en Martinique m'a touché. Je trouvais ça important, pour les gens qui avaient malheureusement perdu des proches dans l'accident d'avion dont tout le monde a entendu parler. C'était la première fois qu'on jouait aux Antilles et c'était un geste fort. Parce que les Antilles sont attachées à l'équipe de France, contrairement à ce qu'on peut dire. J'avais organisé une rencontre avec Aimé Césaire ce jour-là, pour que les joueurs connaissent cet homme.

Mais, au-delà, je ne pense pas qu'on puisse y voir une influence sur le jeu et l'état d'esprit parce que nos trajectoires sont différentes. Beaucoup sont nés en région parisienne, moi je suis né à Anse-Bertrand, en Guadeloupe. Pourquoi autant d'Antillais dans l'équipe de France ? Parce que le message qu'on nous envoie est de " réussir par le sport ". Souvent, les sportifs de haut niveau sortent des couches sociales défavorisées, et comme dans ces couches il y a beaucoup de Noirs, leur forte présence dans l'équipe nationale s'explique facilement. Dans les générations précédentes, c'est ce qui s'est passé pour les Italiens et pour les Polonais. Le choix du football vient aussi du fait que, jusqu'à récemment, on disait aussi que les Noirs n'étaient pas faits pour certains sports : " Ils ne sont pas faits pour la natation, pas pour le golf... " Quand cessera-t-on de mettre en doute nos capacités ?

Esprit: Quand vous vous projetez dans l'avenir après le sport, vous voyez-vous continuer à intervenir socialement comme vous le faites comme sportif ?

LT: Ce qui me plairait c'est de pouvoir, après le foot, interpeller les gens sur tous ces sujets et favoriser une meilleure compréhension entre eux. S'il faut parler de cette longue histoire au cours de laquelle les " Noirs " ont été considérés comme inférieurs, ce n'est pas pour pousser à la confrontation mais pour défendre l'égalité.

C'est pourquoi je trouve fondamental – et j'ai eu la chance de le découvrir dans ce que j'ai vécu – que le jeune " noir " ou le jeune maghrébin ne tombe pas dans une certaine victimisation. Ce qui compte, c'est d'apprendre à se regarder différemment.

Lors de discussions avec des amis sur le racisme, ils me disent souvent : " Oui, mais c'est beaucoup mieux qu'avant, quand même ! " Qu'est-ce que ça veut dire ? Que signifie ce " quand même " ?


Entretien du 19 décembre 2006 à Barcelone.

 



Published 2007-04-04


Original in French
First published in Esprit 2/2007

Contributed by Esprit
© Laurent Dubois, Michel Giraud, Marc-Olivier Padis, Patrick Weil/Lilian Thuram/Esprit
© Eurozine
 

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