Résumés Revista Crítica 81 (2008)
Elísio Estanque
Les jeunes, les étudiants et les "repúblicos": cultures étudiantes et crise de l'associativisme à Coimbra
Le texte est basé sur une brève réflexion à propos des tendances de changement dans l'univers de la jeunesse étudiante (en particulier en ce qui concerne le sens actuel des mouvements sociaux des années 60). Cette réflexion caractérise les sociabilités, les pratiques et les orientations subjectives des étudiants de l'Université de Coimbra (UC), en essayant de mettre en relation les luttes du passé et leur mémoire avec les défis que se posent aujourd'hui à la participation civique et associative. L'attention se centre surtout sur des aspects comme les suivants: la tradition festivalière et ritualiste de l'académie; les attitudes et subjectivités envers la vie sociale; le rôle de l'association d'étudiants et l'importance de ses activités; et la participation aux actions associatives et de protestation publique. En s'appuyant sur un ensemble de données recueillies à travers une enquête représentative de l'univers étudiant de la UC, l'article discute quelques tendances récentes dans ce domaine et analyze les résultats selon de différents segments d'étudiants, notamment les résidents dans les soit-disantes "républiques" et le secteur féminin.
Colin Barker
Quelques réflexions sur les mouvements étudiants des années soixante et du commencement des années soixante-dix
L'article a pour thème l'ascension et le déclin des mouvements étudiants en Europe et en Amérique du Nord pendant les années soixante et soixante-dix. S'appuyant sur des documents portant sur les mouvements étudiants dans de différents pays, il évalue leur importance historique, dans le contexte d'une "vague de protestation" plus vaste avec laquelle le mouvement étudiant de l'époque s'est croisé. En mettant ces mouvements en relation avec les positions changeantes des étudiants dans le cadre du capitalisme avancé, l'article suggère que leur dynamique était configurée par les caractéristiques spécifiques des étudiants en tant qu'acteurs politiques, aussi bien que par leur mode d'interrelation avec d'autres mouvements contemporains. La conclusion renvoie à des développements plus récents et suggère que l'histoire des mouvements étudiants offre encore de nouvelles possibilités intéressantes.
Miguel Gómez Oliver
Le mouvement étudiant espagnol pendant le Franquisme (1965-1975)
L'article entreprend une caractérisation du mouvement étudiant espagnol pendant les années soixante et soixante-dix, en l'observant comme un instrument fondamental pour la création des espaces de liberté dans l'Espagne franquiste, an analysant son croissement organique, sa capacité pour nourrir le développement d'une culture de débat, et en examinant le rôle qu'il a joué dans l'apprentissage des pratiques démocratiques qui furent après transplantées à d'autres environnements sociaux et politiques, soit pendant la phase finale d'affirmation de l'opposition antifranquiste, soit plus tard, pendant la phase de transition vers la démocratie.
Miguel Cardina
Des mémoires gênantes et la rasure du temps: mouvements étudiants et codes étudiants traditionnels ("praxe académica") à la fin de l'"Etat Nouveau"
Malgré les évocations répétées qui ont été consacrées aux luttes étudiantes des années soixante et soixante-dix, il y a encore des lacunes et des malentendus qui mènent au maintien d'une mémoire trop sélective. L'article met en relation les mouvements étudiants de la période avec les mutations qui étaient en train d'avoir lieu au terrain des codes étudiants traditionnels ("praxe académica") à Coimbra et il met en évidence la façon comment pendant environ deux décennies s'établit graduellement une forme d'être et d'agir lointaine des lignes de force du traditionalisme de Coimbra et même en rupture avec elles. En même temps, il problématise l'image d'un temps de contestation centré presque en exclusif sur la "crise de 69", en attirant l'attention sur quelques marges d'oubli favorisées par l'association de la mémoire des combats étudiants des "longues années soixante" avec ce moment plus grandiose.
Álvaro Garrido
L'Université et l'"Etat Nouveau": de la corporation organique du régime au territoire de dissidence sociale
L'article essaye de mettre en relation les discours de l'"Etat Nouveau" sur l'Université et sur les associations d'étudiants (la réproduction) avec les stratégies de survie et d'imagination du mouvement étudiant lui-même (la contestation). Le point de départ pour une analyze des mouvements étudiants entre la fin de la Deuxième Guerre Mondiale et la moitié des années soixante du XX.e siècle sont les stéréotypes salazaristes portant sur l'Université comme une "corporation organique" du régime dictatorial et la matrice légale des associations d'étudiants comme des "syndicats corporatifs" empêchés d'exprimer des connotations classistes. L'article revisite des discussions antérieures sur l'émergence du "syndicalisme étudiant" au printemps de 1962, cherchant d'évaluer de quelle façon et par quelles raisons l'Université devient une scène relevante de dissidence du régime et accompagne les crises successives à lesquelles la dictature doit faire face après 1958.
Nuno Miguel Augusto
La jeunesse et la(les) politique(s): desinstitutionnalisation et individualisation
La relation maintenue par les jeunes avec le système démocratique et, très particulièrement, avec les modèles conventionnels de participation politique constitue une des préoccupations fondamentales associées au fonctionnement et à la sustentabilité intergénérationnelle des démocraties occidentales. Souvent, la responsabilité finit par tomber sur la jeunesse elle-même, à partir de critères comme l'âge, l' "irresponsabilité" ou l' "immaturité", une explication qui, dans les dernières années, a été repensée, en résultat tant de la crise de représentation que des changements dans la condition des jeunes. L'article suit une ligne d'analyze basée sur la responsabilisation mutuelle (des jeunes et des institutions politiques), en essayant d'évaluer dans quelle mesure la jeunesse portugaise reflète ces tendances et quelles sont les causes principales de l'apparent désenchantement politique des jeunes. Pour ce faire, il combine trois dimensions fondamentales – la mobilisation politique, la confiance et la participation – ayant pour but de vérifier dans quelle mesure les hypothèses théoriques plus récentes pourront contribuer à une explication sociologiquement plus solide de la (mince) relation que les jeunes entretiennent avec la politique e le système démocratique.
Marcos Ribeiro Mesquita
Culture et politique : l'expérience des collectifs culturels dans le mouvement étudiant
Dans les dernières années, le thème de la jeunesse a conquiert de plus en plus d'espace et de proéminence. Sa visibilité, reprise dans une large mesure par les médias et le marché, est renforcée aussi par l'émergence du protagonisme de nouveaux mouvements de jeunesse comme les jeunes de banlieue, les militants altermondialistes, les jeunes immigrés, entre autres qui ont récemment montré leur vitalité. L'apparition de ces nouveaux acteurs donne visibilité aussi aux mouvements de jeunesse classiques, entre eux le mouvement étudiant, qui revient sur la scène tout en reprenant ses vieux discours sur la politique et l'éducation, mais aussi en s'adaptant aux nouvelles demandes étudiantes et en incorporant d'autres thèmes liés aux terrains de la culture et de l'identité. L'article analyse la participation des militants étudiants dans son interface avec la culture, en essayant de comprendre les implications de ce dialogue sur la réarticulation du mouvement lui-même auprès des jeunes. Sont aussi analysées les répercussions que cette relation produit sur l'identité collective d'un mouvement social – toujours en construction – de plus en plus soucieux de diversifier ses discours et ses pratiques.
Published 2008-10-28
Original in Portuguese
Contributed by Revista Crítica de Ciências Sociais
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